Protocoles de remplacement des mules

La règlementation concernant la création de « mules » est complexe et dépend d’un domaine juridique spécialisé. Les premiers tests se font avec des prototypes stériles de façon à ce que les mules qui s’échapperaient ne puissent pas proliférer indépendamment. Une fois qu’un prototype est homologué et prêt à être lancé, les inévitables avancées et améliorations du nouveau prototype risquent de créer autant de problèmes que d’en résoudre, car chaque modèle tend à s’organiser en cellules sociales fermées et hiérarchisées. L’intégration de prototypes différents s’accompagne d’hostilité et de conflits : l’introduction d’un nouveau modèle nécessite donc généralement la destruction complète et le remplacement de tous les vieux modèles, dont le nombre se compte potentiellement en milliards.

Pour qu’une stratégie aussi radicale soit rentable, on prévoit des prédispositions génétiques pour chaque modèle avant de les valider. Ces prédispositions permettent en général de faciliter des programmes d’euthanasie adaptés et très spécifiques. Toutes les mules sont reproduites avec des scripts de fertilité standard dans leur chaîne ADN, et des particules « clés » peuvent être libérées dans l’atmosphère dans laquelle les mules travaillent, de façon à désactiver leur code de fertilité. Ce procédé permet de garantir l’extinction complète de toutes les mules en une génération mais peut mener à d’importantes perturbations selon le degré de conscience développé par les mules. Il n’est vraiment approprié que lorsqu’un projet peut être suivi d’une période d’inactivité.

On peut avoir des résultats plus rapides en suivant deux étapes : d’abord, on libère des rétrovirus à ARN messager pour déverrouiller les chaînes-clés de la barrière hémato-encéphalique, à savoir les jonctions serrées endothéliales qui servent à empêcher le cerveau d’être irrigué par du sang contaminé par un virus. Le coup fatal de la deuxième étape est asséné par une seconde émission de particules dans les airs, ce qui déclenche une libération d’histamine entraînant un arrêt chronique de la résistance électrique au niveau des jonctions. Le cerveau est alors inondé de sang et la mort s’ensuit dans les minutes qui suivent.

Même si quelques militants déterminés ont fait pression sur les autorités de Soma pour que ces pratiques soient interdites, le fait qu’elles aient lieu, en règle générale, dans les colonies lointaines tiennent ces pratiques à l’écart des principales préoccupations des médias et des citoyens.