Traduction et Bible

Article 1038 du CODEX : La traduction et la Bible

 

On peut voir avec l’exemple du rituel du sang la confusion catastrophique qu’ont entraînée les erreurs commises lors de la traduction du texte hébreu de l’Ancien Testament. De plus, les problèmes dus à la traduction ont été aggravés, d’abord par une méconnaissance du contexte dans lequel se pratiquaient les religions de Canaan, ensuite par l’influence du persan et de la koinè sur les croyances juives, et enfin par les changements répétés dans les croyances juives et chrétiennes au cours des siècles. Tout ceci a fortement influencé les traducteurs dans leur choix des mots.

Les textes massorétiques originaux comprennent la Torah, les Nevi’im (Prophètes) et Ketouvim (Écrits) : leurs initiales ont donné l’acronyme TaNaKh, nom de la Bible juive. Bien que les événements de la Genèse se soient déroulés vers 4000 av. J.-C. et ceux de l’Exode vers 1400 av. J.-C., aucun texte antérieur aux Manuscrits de la mer Morte, découverts à Qumrân, n’a subsisté. Même si deux fragments datant du VIe siècle av. J.-C. ont été découverts ailleurs, les grottes de Qumrân contiennent 40 % du Tanakh. On a trouvé sur le même site des pièces de monnaie en bronze datant du IIe siècle av. J.-C., ce qui confirme la datation au carbone 14 et la datation paléographique des manuscrits. C’est une découverte de taille car on estime que très peu de rouleaux ont survécu à la destruction de Jérusalem, en 70 è. c. : il y a d’importantes variations dans les copies du Tanakh postérieures à ce génocide culturel et physique, où plus de la moitié des juifs furent tués par les Romains. Les Manuscrits de la mer Morte et le Codex d’Alep, écrit mille ans plus tard, s’avèrent des textes étonnamment similaires : il semble donc probable qu’ils ont été copiés avec un grand soin au cours des siècles et qu’ils sont sans doute fidèles à des textes plus anciens encore. Le rouleau de la Torah rituel ne comprenait que le texte consonantique hébreu mais la copie utilisée par le rabbin pouvait comprendre des notes massorétiques et présenter des points-voyelles, des signes de cantillation et des annotations relatives aux possibles variantes depuis la destruction du temple.

Les scribes avaient des règles strictes : ils devaient reproduire la mise en page du texte original, de façon à ce que le mot et la lettre du paragraphe du milieu correspondent exactement au document source. L’encre utilisée était fabriquée à partir d’une recette spéciale pour qu’on puisse déceler d’éventuelles contrefaçons. Pour rester concentrés, les scribes devaient verbaliser chaque mot à voix haute ; ils devaient aussi se laver entièrement avant d’écrire le mot « Yahweh ». Il fallait deux mille heures pour faire une copie, et une relecture tous les trente jours. S’il y avait besoin de corrections sur au moins trois pages, tout le manuscrit devait être jeté. Les lettres, mots et paragraphes devaient être comptés et on considérait le fait que deux lettres se touchent comme une erreur, laquelle devait être corrigée dans les trente jours, sans quoi le document était enseveli au cimetière.

Toutefois, si cette façon de procéder empêchait l’altération des mots eux-mêmes, ce n’était pas le cas de leur interprétation. L’exil des Juifs de Canaan à Babylone en 597 av. J.-C., qui dura 70 ans, entraîna de nombreuses modifications dans les croyances. Cyrus le Grand, qui avait permis la construction du Second Temple, fut même célébré comme le messie des années après. C’est d’ailleurs assez ironique aujourd’hui d’imaginer que les juifs aient pu reconnaître un Iranien, l’un de leurs ennemis jurés, comme le Messie. Mais l’apport le plus important et durable fut le monothéisme perse, qui remplaça les éléments hénothéistes et polythéistes des textes originaux. Plutôt que de changer la formulation de leur texte le plus sacré, les Hébreux prirent la décision radicale de changer la terminaison plurielle en o-him en singulier quand il s’agissait de parler de Dieu. Pour tous les autres mots, la terminaison garda sa signification plurielle. Ils donnèrent au mot « Dieux » un sens singulier et, ce faisant, firent disparaître le concept de panthéon, ou famille de dieux, qui était attesté dans le reste du monde. La disparition des pères, fils, femmes et filles, contribua aussi à faire de ce dieu le Dieu éternel, puisqu’il n’avait plus de parents, de naissance, d’enfance ou de mort. Cette nature éternelle transforma la religion judaïque car elle cohabitait de manière étrange avec les descriptions qui faisait de Yahweh un « dieu vivant ». On traduisit donc désormais Elohim par Dieu des Dieux plutôt que Fils d’El ou Dieux de Dieu : on constate ce problème dès la première phrase de la Bible, dans la Genèse 1:1 : « Au commencement, les Dieux créèrent les Cieux et la Terre ». D’autres pluriels renvoyant à des divinités qui ne pouvaient pas recevoir le même traitement ont subsisté en hébreu mais ont également été transformés en singuliers en latin archaïque et dans toutes les traductions anglaises ou françaises actuelles. Par ailleurs, Yahweh n’apparaît pas dans la Bible avant la Genèse 2:7, lors de la création d’Adam, hā·’ā·ḏām, qui signifie « un homme ». Le texte ne suggère d’ailleurs pas le moins du monde qu’il s’agisse du premier homme. D’autre part, « El » n’est plus le père de Yahweh, Baal, Yam, et Mat, comme il l’était dans le panthéon cananéen : c’est désormais le titre suprême donné à Yahweh, le dieu unique. On traduit à présent « les fils » par « les fils d’Israël ». Les Molochs, Tout-puissants du Soleil, qui sont mentionnés vingt-six fois dans la Bible, n’apparaissent plus dans aucun contexte. Il reste des références aux frères et sœurs – ou femmes – d’El : Ashtoreth, Anat, Ashera, Illib, Reshep et Shemesh, mais, sans plus de contexte, ils passent dans la catégorie générale des dieux païens. Les nombreux autres récits de la région à propos de la création des hommes se trouvèrent dès lors en opposition puisque chaque communauté déclarait que son Dieu était le seul Dieu éternel à avoir créé le premier homme, dilemme souligné par le fait que Caïn doive quitter le giron familial pour trouver sa femme Awan (qui n’était donc pas sa sœur) – affirmation paradoxale si l’on considère Adam et Ève comme les premiers humains.

Trois siècles plus tard, la traduction du Tanakh la plus ancienne que l’on ait retrouvée est réalisée : la Septante, qui fut adoptée par les premiers chrétiens. C’est Ptolémée II qui avait commandé cette traduction de l’hébreu ancien vers le grec pour la bibliothèque de son père à Alexandrie et comme la plupart des juifs de la région ne savaient pas lire l’hébreu, la traduction fut bien accueillie. Après la chute de Jérusalem, en 70 apr. J.-C., la chrétienté continua à utiliser la Septante, tandis que les juifs se replièrent sur eux-mêmes et retournèrent aux textes massorétiques originaux.

A partir de ce moment-là, on peut suivre les évolutions du texte, du moins de sa version chrétienne. Avant et pendant que Jérôme rédigeait la Vulgate, en 380 apr. J.-C., il y avait les Vetus Latina, qui étaient très différentes et furent finalement rejetées en 1545. Pourtant, aujourd’hui, nous en utilisons encore certains éléments, là où la Vulgate est tombée en désuétude. Par exemple, nous avons gardé le « Donne-nous notre pain de ce jour » des Vetus Latina au lieu du « Donne-nous notre pain supersubstantiel » de Jérôme. Ce dernier n’avait appris l’hébreu qu’âgé d’à peu près 35 ans et peu de temps après, il était devenu le secrétaire du pape Damase Ier. C’est à ce titre qu’il avait commencé la traduction latine du Tanakh et de la Septante qui allait prendre le nom de Vulgate. On peut noter qu’il a laissé de côté les livres 1 & 2 Esdras, 3 & 4 Maccabées, Psaume 151 et la Prière de Manassé.

Les traductions grecque et latine autorisées étaient maintenant jalousement gardées par l’Église. Traduire la Vulgate latine pouvait être sanctionné d’excommunication, d’emprisonnement ou de peine de mort. La première version anglaise, the Great Bible, fut d’ailleurs traduite à la demande d’Henri VIII après son excommunication et la première Bible allemande, la Bible de Luther, après celle de Martin Luther. Toutes deux datent d’environ 1520. Au même moment, Érasme travaillait sur une nouvelle traduction latine, tentant de rester fidèle au texte sans verser dans l’hérésie, tandis que les livres et les écrits étaient soumis à un nouveau cycle de révisions et de comparaisons qui reflétaient l’évolution de la pensée chrétienne depuis les 1200 années qui s’étaient écoulées. Le travail d’Érasme encouragea tout le travail qui fut au cœur de la Réforme.

Alors que l’Église avançait en titubant à travers un siècle jonché de réformes et de réactions à ces réformes, on déclara que les nouvelles Bibles, la Septante et la Vulgate sixtines, étaient divines et qu’elles remplaçaient la Vulgate antérieure. Peu de temps après, on leur substitua la Vulgate clémentine, déclarée nouvelle parole divine de Dieu. L’Ancien Testament protestant moderne contient les mêmes livres que le Tanakh, mais agencés dans un autre ordre.

Les citations anglaises traduites dans ce Codex proviennent de the New Living Translation, qui date de 1996. C’est la version anglaise de la Bible qui est la plus imprimée et la plus lue, suivie de the New International Translation, qui date de 1973, et de the New King James version, qui date, elle, de 1982. The New Living Translation a pour principales sources les textes massorétiques hébreux originaux avec des renvois au grec, plutôt que les traductions latines ultérieures ou que la Septante grecque. Cette bible est très proche des deux autres versions les plus lues mais à certains endroits, les spécialistes ont produit un texte plus proche de l’hébreu original. Néanmoins, à ce jour, l’Église a réussi à conserver les changements les plus importants qui ont été faits sur les vieux textes hébreux et grecs. Pour la traduction française, nous nous sommes souvent référés aux bibles de Louis Segond ou du Semeur.

Certains autres éléments essentiels qui ont évolué au fil du temps :

 

Les anges

Entre 380 et 1545 apr. J.-C., les mots signifiant « messager » sont remplacés par « ange » lorsqu’ils se rapportent aux messagers de Yahweh. Les différents membres de l’assemblée divine et de l’entourage de Yahweh – les Malachim (messagers), les Seraphim, (ceux qui flamboient ou soldats de Dieu), les Cherubim (conducteurs de char de Yahweh), les Ophanim (gardiens du trône de Yahweh), les Hayyoth (êtres vivants) et les Metatron (observateurs) – sont encore tous réduits au simple mot d’« ange ». En fait, l’iconique ange Gabriel, personnage central des religions chrétienne et musulmane, n’apparaît dans l’Ancien Testament que dans une vision de Daniel, à l’époque de Darius, le fils de Xerxès, en 520 av. J.-C. La vision concerne l’exil des Juifs de Jérusalem en Perse durant 70 ans, plus de mille ans après l’apparition de Yahweh sur Terre. Gabriel lui-même n’est décrit qu’une seule fois, dans le Nouveau Testament, et plus précisément dans le récit que fait Luc de la naissance de Jésus, mais pas dans les autres évangiles. Dans le Coran, l’ange Gabriel rencontre deux fois Mahomet dans les montagnes. Le nom commun malak (messager ou représentant) apparaît 200 fois dans la Bible : la moitié du temps, le mot renvoie à des messagers humains, et l’autre à des messagers de dieu volants auxquels on se réfère en utilisant le mot « ange ». Quand les messagers – ou anges – de Yahweh apparaissent, ils parlent à la première personne comme s’ils étaient Yahweh lui-même, ce qui est à l’origine de nombreuses discussions grammaticales depuis des siècles.

 

Saint

Le concept de sainteté est relativement récent et date également du début du Moyen ge. Son sens originel se rapportait en général à la santé et à la propreté puis, plus tard, à l’espace qui se trouvait aux alentours d’un temple. Employé à propos d’une personne, le mot désignait un prêtre ayant reçu l’onction. Le mot « oint » renvoyait à l’origine à la graisse ou à l’huile qu’on utilisait par mesure d’hygiène mais il a pris depuis une connotation spirituelle. Les prêtres au service des Dieux trempaient leurs cheveux ou leurs turbans dans des huiles de résineux après une toilette intensive pour observer les normes d’hygiène imposés par les Dieux.

 

Le ciel et l’enfer

Shamayim est traduit arbitrairement soit par cieux soit par ciel selon l’envie du traducteur de désigner quelque chose qui est relié aux Dieux ou à quelque chose de plus trivial, comme un vol d’oiseaux.

Le concept de lutte éternelle entre le bien et le mal était profondément ancré dans la philosophie perse zoroastrienne. Lassedim, qui signifie « démons », n’apparaît que deux fois dans la Bible : dans l’Ancien Testament et dans les Psaumes. On comprend clairement d’après le contexte que c’est un terme péjoratif pour désigner d’autres dieux cananéens. Le mot « Diable » n’apparaît pas dans l’Ancien Testament. Shéol apparaît plus de cinquante fois : on pensait qu’il s’agissait du lieu où séjournaient les âmes, là où on allait après la mort. Ce n’est qu’entre 500 et 70 av. J.-C. qu’on a précisé que Shéol était divisé en deux parties distinctes, l’une pour les justes, l’autre pour les injustes, et qu’on a ajouté à cette dernière la notion de châtiment. D’autre part, il a fallu attendre le Moyen ge pour que les bons se voient offrir une place au ciel plutôt que dans la partie des justes de Shéol : auparavant, les cieux étaient réservés exclusivement à Yahweh, à sa cour et à ses fils, ainsi qu’au grand prophète Élie. A partir de là, Shéol n’a plus représenté que l’enfer et le purgatoire.

 

Le péché

« Péché », ou chattah, signifiait « offrande ». Les Israélites faisaient des offrandes lorsqu’ils rompaient leur alliance – ou accord – avec Yahweh. Le Code de l’Alliance était un long document de plus de 3000 mots gravés sur des tables de pierre – et non pas seulement les dix commandements – et il énonçait clairement ce que les Israélites étaient tenus par l’honneur de faire ou de pas faire pour que Yahweh les délivre du pays de Canaan. « Pécheurs » signifiait « ceux qui avaient fait récemment une offrande ou avaient payé l’amende ». Les pécheurs étaient des « briseurs d’Alliance ».

 

Le Messie

La définition hébraïque de « messie » avait trois sens bien distincts au temps de Jésus, selon le contexte : cela pouvait désigner d’abord un fils de Yahweh qui reviendrait gouverner le peuple juif, ou bien un nouveau roi pour les Israélites, qui les mènerait vers des temps meilleurs, ou enfin un grand prophète ou un grand juge qui remplacerait le dernier prophète Malachie (420 av. J.-C.) ou le juge Gédéon. Deux mille ans auparavant, une violente famine avait poussé les Juifs à s’exiler en Égypte. Après 400 ans passés en étrangers dans le pays, ils avaient formé un peuple uni et indépendant gouverné par Yahweh. Au départ de ce dernier, les Israélites furent gouvernés par des juges, et, finalement, par une famille royale. A la mort du roi Salomon, une guerre civile éclata et scinda la nation d’Israël en deux. Même si les Juifs retournèrent à Canaan après leur exil à Babylone, en 538 av. J.-C., ce fut avec la bénédiction et le financement de l’Empire perse et non en tant que peuple totalement indépendant. En 332 av. è. c., Alexandre le Grand vainquit les Perses et plaça l’un de ses généraux à la tête de la Judée, qui devint l’Empire séleucide. C’est lors du siècle qui suivit que fut écrite la Septante, ou Bible grecque, un mélange de théologie juive et hellénistique. Les derniers livres de l’Ancien Testament, les Maccabées, tirent leur nom d’une famille dont la révolte contre le protectorat grec en place entraîna la création d’un nouveau royaume juif, plus petit et indépendant, qui exista de 165 à 63 av. J.-C. Ce royaume finit par connaître une guerre civile et l’un des deux camps fit appel aux Romains, lesquels annexèrent le territoire une génération avant la naissance de Jésus. En 37 av. J.-C., les Romains installèrent un pantin sur le trône : Hérode le Grand, premier « roi des Juifs ». Après sa mort, en 4 av. J.-C., la Judée fut gouvernée par certains de ses enfants, qui ne prirent pas le titre de roi, puis, à l’époque de Jésus, par des préfets romains. Il y eut de nombreuses rébellions, pratiquement chaque année, dont la plus importante se déroula 30 ans après la mort de Jésus, lors de la guerre judéo-romaine. C’est à cette époque que le Second Temple fut détruit et qu’environ 1,1 million de juifs furent tués. Proportionnellement, cela représente plus de juifs que ceux qui ont été tués par la solution finale d’Hitler. En 132 apr. J.-C., Shimon bar Kokhba (le Fils de l’Étoile) fut brièvement reconnu comme le Messie et parvint à établir un État juif indépendant pendant 3 ans, avant que les Romains ne prennent brutalement leur revanche. Les Romains cédèrent la place aux Byzantins en 324, puis aux Musulmans en 638, et enfin à l’Empire ottoman, à partir de 1260. Même si les croisés ont surtout narré leurs batailles contre les musulmans, il ne faut pas oublier que leurs persécutions et leurs massacres les plus féroces ont été commis envers les juifs. Tout au long de cette période, plus de 40 hommes furent brièvement pris pour le Messie mais les tribus d’Israël ne récupérèrent pas leur autonomie avant 1948, lors de la création de l’État d’Israël. Comme les Juifs le formulent et l’histoire l’a montré, leur Messie, ou leader, ne s’est pas manifesté au cours des trois milliers d’années qui viennent de s’écouler. Si quelqu’un s’est approché de la définition originale du mot Messie, alors il s’agit peut-être de David Ben Gurion.

La plupart des évangiles s’attachent à prouver que Jésus était le Messie du peuple d’Israël soit en tant que fils de Yahweh, soit en tant que descendant du roi David, soit en tant que puissant prophète religieux. Pour être le fils de Yahweh, il fallait qu’il y ait eu relations sexuelles entre la mère et Yahweh et que le fils puisse faire montre de pouvoirs aussi miraculeux que ceux de son père, lequel était capable de voler dans les airs, ouvrir les eaux, nourrir de manne des milliers de personnes, tuer et soigner. Pour être roi des Juifs, il fallait appartenir à la lignée du deuxième roi des Juifs, David : on peut retracer cette ascendance dans la généalogie de Joseph, ce qui est donc en opposition avec l’histoire de la naissance virginale, mais il semblerait fort heureusement que ce problème soit quelque peu éludé. Enfin, pour être un grand prophète, il fallait accomplir les nombreuses prophéties liées aux prédictions quant à la manière dont ce prophète se manifesterait. On a rapporté que Jésus avait dit que le royaume de Yahweh descendrait du ciel dans l’année, ce qui ne s’est pas réalisé. Le désir du peuple juif pour un chef était néanmoins très fort à l’époque où Jésus est né et quiconque aurait pu s’attribuer l’une de ces qualités aurait vite été qualifié de Messie et aurait attiré sur lui une attention non désirée de la part d’une foule de gens et des autorités militaires. La mort de Jésus mit fin à son rôle de Messie du peuple d’Israël : les Juifs restèrent sans leader et sous domination étrangère pendant les 2000 années qui suivirent. Lors du premier schisme de l’Église, à l’époque où Jacques, le frère de Jésus, était évêque de Jérusalem, les « Gentils » furent acceptés dans l’Église tandis que la circoncision et les sacrifices d’animaux en étaient bannis. C’était là le début de ce que nous connaissons comme le christianisme, axé autour des enseignements de Jésus, qui allait se propager dans le monde entier. Le mot même de Messie a aujourd’hui une connotation plus universelle.